Mon parcours professionnel

Native de St-Jean-sur-Richelieu, j’ai grandi au sein d’une famille de musiciens. J’ai découvert très tôt le répertoire de jazz, en particulier les big bands de Glenn Miller et Benny Goodman. Vers l’âge de douze ans, j’ai commencé à apprendre la clarinette à l’école secondaire. Il m’a fallu un mois pour apprendre à assembler mon instrument et sortir un son (mauvais en plus!), alors que tous mes autres compagnons fonctionnaient déjà beaucoup mieux que moi. J’étais la dernière de la classe et ce n’était pas ce que j’appellerais un bon départ. Et pourtant. J’apprenais lentement mais personne ne travaillait avec détermination autant que moi. Je me suis toujours souvenu que dans la fable du Lièvre et de la Tortue de La Fontaine, c’est la tortue qui gagne la course! Ça ne m’a pas découragé, ni empêché de progresser et d’en faire un métier! Presque trente ans plus tard, j’aime toujours autant la musique, même plus que jamais!

Peu après avoir commencé l’apprentissage de la clarinette à l’école, j’ai débuté des cours de saxophone à la maison. Incapable de choisir un seul instrument (je les aime tous!), j’ai appris les deux simultanément et ce, durant tout mon secondaire. J’ai rapidement intégré le petit orchestre de jazz familial. Mes parents, ma jeune sœur et moi, nous formions un combo jazz, avec l’aide de notre professeur de musique… familial! Mon père était au piano, ma mère à l’orgue (le vrai Hammond B3 et le fameux Leslie qui vient avec!), ma sœur à la batterie et moi au saxophone. Notre professeur jouait avec nous de l’accordéon, du piano et du saxophone. Il y eut même une époque où nous avions deux pianos dans le salon (dont un vieux piano centenaire) en plus de l’orgue et de l’amplificateur qui était presque gros comme un réfrigérateur! Il nous restait une petite place pour le sofa. Notre salon était définitivement une véritable salle de musique! Je me souviens, durant les étés, il arrivait régulièrement que des passants dans la rue s’arrêtaient devant chez nous pour nous écouter. D’autres, heureux et enchantés, s’informaient du jour et de l’heure de notre cours tel un rendez-vous. Nous recevions parfois des gens qui désiraient nous entendre jouer. Ils cognaient à notre porte et mes parents les invitaient à s’asseoir pour nous écouter, en leur offrant une tasse de thé. Notre maison a toujours accueilli chaleureusement des musiciens et amateurs de musique également. C’est lors de ces cours format familial que j’ai découvert Duke Ellington, Horace Silver et Quincy Jones. À l’occasion, d’autres musiciens se joignaient à nous, des élèves de notre professeur ou bien ses amis. J’ai eu donc la chance de côtoyer plusieurs musiciens comptant 30 ou 40 ans de métier. Pendant quelques années, j’ai été le bébé du groupe. Ce que j’y ai appris est que, dans la vie, quand on veut voler avec les aigles, il faut apprendre en étant entouré d’aigles! C’est la meilleure façon d’apprendre, et surtout la plus motivante! C’est cette formule qui m’a fait aimer le jazz : des plus expérimentés qui aident les plus jeunes à l’intérieur de notre famille. J’ai suivi les traces de mon premier professeur de musique, un professeur avec un cœur en or, et qui a eu une influence majeure dans mon parcours de musicienne. Comme lui, je suis plus tard devenue moi aussi professeur de musique et arrangeure en jazz. J’ai fondé mon propre big band, en ayant toujours à l’esprit l’image des répétitions que nous faisions à la maison lorsque j’étais plus jeune. Nous avons joué ensemble toute la famille pendant près de 10 ans. Ce milieu a été extrêmement stimulant pour moi et j’en garde encore un excellent souvenir. Je me sens privilégiée d’avoir connu de telles expériences à l’intérieur même de notre famille, une famille pleine d’amour et de musique.

Je me suis produite en public de façon professionnelle la première fois à l’âge de 14 ans. J’ai cumulé plus de 1200 représentations en public dans ma carrière. Je suis doublement diplômée du Cégep de St-Laurent, en saxophone classique (DEC 1996) et en arrangement jazz (DEC technique 1997) qui, dans mon temps, était communément appelé la troisième année. Par la suite, j’ai terminé mon baccalauréat en saxophone classique à l’Université de Montréal (B. Mus. 2000) ainsi que ma maîtrise en composition et arrangement jazz (U. Montréal, M. Mus., 2003).

J’ai enseigné la musique dans plusieurs institutions dont l’École des jeunes de la Faculté de musique de l’Université de Montréal et l’École de musique Vincent d’Indy secteur parascolaire. J’enseigne la musique depuis 1999. J’ai donné à ce jour plus de 12 000 cours de musique individuels et plus de 500 cours en groupes (petits, moyens et grands groupes) et ce, pour des clientèles de tous âges (élèves de 5 ans à 78 ans).

En 2004, une de mes compositions In memory of John Coltrane, a été enregistrée à la radio de Radio-Canada, dans le cadre de l’émission Jeunes Artistes. En 2005, j’ai fondé ma maison d’édition spécialisée dans le matériel pédagogique musical. J’ai publié cinq ouvrages à titre d’auteur, notamment des volumes de gammes et arpèges pour saxophone ainsi qu’un livre de théorie musicale.

En 2006, j’ai fondé l’École de musique Marie-Josée Poulin. L’année suivante, en 2007, j’ai réalisé mon grand rêve (en avant les projets!) et j’ai fondé mon propre big band, le Marie-Josée Poulin Big Band. Mon big band est un cours en groupe qui s’adresse à des adultes jouant d’un instrument à vent. Mon but était de rendre l’éducation jazz de type big band plus accessible aux instrumentistes à vent.

Je compte maintenant près de 30 ans de métier en tant que musicienne et 16 ans d’expérience comme professeur de musique. Je joue du saxophone, de la clarinette, de la flûte traversière, du piano, instruments que j’enseigne. Je joue également de l’accordéon et de la harpe pour mon plaisir. Je suis aussi arrangeure professionnelle. J’ai écrit des arrangements pour mes élèves, des musiciens professionnels ainsi que quelques commandes pour un orchestre à cordes classique. J’aime tout et donc je fais de tout! Ça me fait penser au film Amadeus du réalisateur Milos Forman, la fameuse scène où Mozart doit choisir une des trois perruques et s’écrie en riant : elles sont toutes belles, pourquoi n’ai-je pas trois têtes? Je me sens un peu comme ça! Étant incapable de choisir un seul chapeau, j’en ai choisi plusieurs! Mon parcours est peu commun et c’est ce qui me rend heureuse! La musique est pour moi un vrai terrain de jeu. Je crois qu’il n’y a pas de limites à faire ce qu’on aime. Pourquoi pas!

Depuis 2007, le Marie-Josée Poulin Big Band s’est produit en public à quelques reprises, dont une activité durant les Journées de la Culture. Plusieurs articles de journaux ont été écrits sur moi, notamment dans le journal le Canada Français, où j’ai fait la page couverture du cahier week end en septembre 2008. J’ai également été interviewée par la revue Enfants Québec pour un article sur les cours de musique. Quelques autres articles et reportages photos ont été publiés sur moi.